Hilot
Massage décontractant en fin de cours
En introduisant ces niveaux de compétences techniques des arts de combats philippins, il est utile de présenter le Hilot.Le Hilot est issu des vieille cultures chamaniques de l'archipel des Philippines. IL traite de la respiration, des massages, des manipulations, des équilibres énergetiques (qui équivaut à la Naturopathie en Europe) et des pouvoirs de guérisseur (issus des traditions chamaniques et religieuses). C'est un domaine que les eskrimadores vénèrent et qui relie leurs pratiques martiales au plan spirituel et religieux.Pour un Eskrimadors, la virtuosité est peu de chose sans la fermeté d'esprit et sans l'aide de Dieu.
Le Hilot est une partie intégrante de l'école afin de venir en aide à ses amis, à son entourage dans un contexte de bien etre.
Il permet d'ouvrir l'esprit à des choses plus profondes de soi meme et du mystère de la vie, sans pour autant rentrer dans une sorte de mysticisme.
Bien que l'idée du combat soit présente, dans un cours civilisé on recherche avant tout le bien etre (physique, psychologique), à travers l'expérience du combat dans ces différents aspects et dans le respect de l'individu, afin de se détacher de certaines peurs, de son agréssivité, d'etre plus souple avec soi meme, avec son entourage et aux leçons de la vie...
Certaine écoles portent la tete de mort sur leur insigne, non dans l'idée de faire peur mais pour ce souvenir que la mort est là à nos cotés, qui nous attend et que la vie est précieuse.
Philippines
La plupart des formes traditionnelles sont reliées à un système de croyance mystique ou magique et nombre de grands maitres sont réputés pour leur savoir ésotérique, leurs talents de guerrisseurs ou parfois leur pouvoirs de sorciers (Philippines, Indonésie, Malaisie, Thailande),
Dans cette culture, magie et religion se confondent et servent le pouvoir des hommes. Cette dimension est particulièrement importante lorsque vous étudiez avec des maitres agés aux Philippines. Nombreux sont les Eskrimadores qui portent une amulette (anting-anting), ou utilisent la prières dans leur système(oration), pour vaincre et se protéger.
Les maitres d'Eskrima sont sans exceptions des personnes religieuses qu'ils soient Chrétiens ou Musulmans, Bouddhistes ou Taoistes lorsqu'ils sont d'origines chinoises.
Avant l'influence Indo- Malaise la religion est le paganisme très similaire aux autres peuples du pacifique : Maorie, Polynésiens, Kanaks ou Arborigènes. Les arts de combat sont étroitement reliés à la culture quotidienne et le guerrier est une figure symbolique.
Avec l'introduction de l'islam, les guerriers deviennent des (combattants de Dieu), et assimilent des formes de combat Indo Malaise. Les armes utilisées sont aussi influencées par les formes arabiques comme les épées en croisant de lune ou le kriss Indonésiens.
Le joug de la colonisation espagnole rassemble ces peuples sous une identité que l'on retrouve dans les arts martiaux avec cependant une différenciation nouvelle : Mindanao reste hors de l'influence espagnole et le Kali Silat devient synonyme d'un art de combat des Moros (maures ou arabes) et à l'opposé, l'Eskrima est l'Arnis sont pratiqués par des chrétiens
Aujourd'hui cette dichotonie est encore très vivante dans l'esprit des vieux maitres. Il est à noter l'importance de la région d'origine de chaque philippin
Cette origine est un lien très fort, une appartenance clanique renforcée par le fait de pratiquer un art de combat (kababayan ), signifie(de mon village ou de ma région, compatriote).
De nombreux maitres sont issus de la région des visayas et les amitiés, les alliances ou les antagonismes sont en grandes parties influencés par l'appartenance clanique
La notion de non violence très présente dans la plupart des arts martiaux asiatiques n'a ici aucune influence du fait de la très faible pénétration du bouddhisme aux Philippines.
Néamoins il faut noter l'importance et la force de la religion pour les philippins et l'eskrima est etroitement lié à des notions de justice, de défense de la famille, du clan .
On retrouve ces notions dans d'autres iles dans le monde.
Dans la culture des philippines un combat se fait avec des armes. Meme aujourd'hui, vous ne verrez pas des personnes se battrent à mains nues lors d'une dispute, mais avec des couteaux, des machettes, des sabres, des batons ou armes à feu (j'ai meme vu lors de mes séjours, des disputes avec des ciseaux, et meme avec une scie à bois, avec laquelle la personne à sectionnée une tete, mais il était charpentier surement la raison de son arme).
D'une part la vie n'a pas la meme valeur que dans les cultures européennes, des mots peuvent entrainer mort d'hommes. En conséquence, il est indispensable de dévèlopper une vigilence de guerriers et une attitude humble et discrète, aimable et polie.
En cas de confrontation, votre ennemi sera invariablement armé et certainement en mesure de ce servir efficacement de son arme.
Maintenant, cela ne veut pas dire que le niveau de danger est plus élevé dans ce pays, bien au contraire, les confrontations sont plus rares mais les conséquences beaucoup plus graves.
Manang Dadang
chamane et guerisseuse
Philippines Cebu City
Cloture d'initiation pour le passage de Koredas Master Instructeur
2006
Merci à Dadang